marideleonvignetteLE MARI DE LEON (1994)

Durée: 1h35

Scénario: Jean-Pierre Mocky, Fréderic Dard. D'après le roman « Le Mari de Léon »  de Frédéric Dard/ San Antonio.

Avec: Jean-Pierre Mocky, Pascale Roberts, Serge Riaboukine, Laura Grandt, Dora Doll, Héléne de Fougerolles.

Résumé:Léon rentre chez lui pour s'occuper de sa femme, Simone, transformée en légume après un grave accident de voiture. Une seule chose compte pour lui : sa passion pour Boris Lassef, grand metteur en scène et acteur de théâtre. La femme de Boris méprise Léon et s'inquiète de la place qu'il tient auprès de son mari. En effet, Léon pourvoit Boris en conquêtes féminines.

Critiques:

Le mari de Léon, deuxième association Frédéric Dard / Mocky, reste un bon film, même s'il n'égale pas la réussite de Y a-til un français dans la salle. Mocky n'a pas trahi Dard, bien au contraire, et on retrouve au travers de dialogues très crus et de deux, trois scènes assez osées, le plaisir que l'on peut ressentir à la lecture du roman de Dard. La patte de Mocky, même si elle est présente, s'est effacée pour laisser libre cours au style inimitable de Dard. Le sujet est original, traitant d'une amitié platonique entre deux hommes, un metteur en scène de théâtre renomné pour sa mégalomanie, au tempérament slave, directement inspiré de Robert Hossein et son secrétaire, homme à tout faire, cèdant à tous ses caprices, se chargeant notamment de trouver des femmes pour son maître. Cette amitié / amour est fascinante, on n'y parle jamais d'homosexualité mais d'attirance, au delà de cette histoire c'est le thème de la réussite et de l'échec, inhérent à toute profession mais encore plus dans le domaine du théâtre, qui est traité ici avec ceux qui essaient de grapiller quelques éclats dans l'ombre de stars adulés par tous et qui connaissent le succès. Ils se dévouent corps et âmes et quand ils sont rejettés, c'est terrible pour eux.

L'inteprétation de Mocky est excellente, elle rappelle la composition qu'il fera dans Vidange, jouant un peu à la manière des grands acteurs francçais des années 30, un peu à la Jules Berry. Serge Riaboukine, dans un de ses premiers grands rôles, est lui aussi très bon. Pascale Roberts a un second rôle casse-gueule, qui rappele celui de Jacqueline Maillan dans Y a-til un français dans la salle et prouve son talent, qu'elle démontrera dans les films de Robert Guédiguian. Chez Mocky, les acteurs que l'on voit dans des rôles stéréoptypés d'ordinaire sont toujours à contre-emploi et font des choses insensées; Pour cela aussi vive Mocky.

Box Office (Paris): 6 580 entrées.

/p