lebenevolevignetteLE BENEVOLE (2005)

Durée: 1h22

Scénario: Jean-Pierre Mocky, André Ruellan.

Avec: Michel Serrault, Bruno Solo, Yvan Le Bolloc'h, Bernard Farcy, Jean-Claude Dreyfus, Plastic Bertrand, Féodor Atkine, Samantha Benoît.

Résumé: Ancien syndicaliste, Birgos, un malade échappé d'un asile, vient se présenter à une association comme bénévole. Mais à la suite d'une méprise, il est pris pour le nouveau directeur. Ancien du syndicat F.O, Birgos, poursuivi par un directeur d'asile amoureux et manipulé par un policier retors décide de révolutionner l'organisation de cette association, en décidant de syndiquer les bénévoles...

Critiques:

Pas facile de s'y retrouver dans la filmographie Mockyenne de ces dernières années, tellement les films du réalisateur sont sortis dans le désordre, dans des circuits normaux (13 French Street), réduits (Le benevole en question) ou directement en DVD (Les ballets écarlates). Dénonciateur de faits sociologiques ou politiques, les films de Mocky dérangent et perturbent les milieux bien-pensants ce qui explique, en partie, leur sortie décalée.

Le benevole, si l'on en croit les filmographies officielles, se situerait entre Grabuge ! et Le deal, film drôlissime avec Jean-Claude Dreyfus et Jean-François Stévenin.

Malgré leur aspect cheap , les derniers Mocky réalisés avec un budget quasi-inexistant en deux ou trois semaines (maximum) restent intéressants, tout d'abord parce que le réalisateur aux cinquante films est un cinéaste unique (un plan de Mocky est tout de suite identifiable) qui connaît parfaitement son métier (ce qui lui permet probablement de tourner aussi vite et avec si peu d'argent). D'Un drôle de paroissien (1963) à ce Bénévole, plus de quarante années se sont écoulées mais on retrouve dans les deux films le même coté anarchiste et malpoli qui caractérise le metteur en scène, le même montage nerveux, le même humour qui mélange dénonciation et absurdité.

Le benevole, c'est l'histoire d'un homme, Birgos (Michel Serrault qui en fait des tonnes pour notre plus grand plaisir), qui s'est échappé d'un asile tenu par le Docteur Museau (Jean-Claude Dreyfus qui se prête formidablement à l'univers du cinéaste). Pris pour le nouveau directeur de l'association de volontariat « A la rescousse », il va vite devenir gênant pour le maire, la mafia et l'église dans la mesure où il décide de syndiquer les bénévoles que les institutions et organisations exploitaient pour en tirer de gros profits d'argent. Admirablement agencé, le scénario du Bénévole fait se suivre les intrigues avec une grande dextérité. Aussi, en bannissant, d'entrée de jeu, l'ennui, Jean-Pierre Mocky arrive sans peine à amuser, sa direction d'acteurs outrée et ses gags insolites (le commissaire qui se déplace avec son tabouret collé aux fesses) remplaçant de façon intelligente le manque de moyens. L'imagination contre le diktat de l'argent, c'est bien ce qui caractérise les dernières comédies de Mocky qui appuient là ou ça fait mal (et en ces temps de crise, c'est véritablement bénéfique). Servi par un casting impeccable (Serrault et Dreyfus mais aussi Féodor Atkine, Bernard Farcy, Bruno Solo, Yvan Le Bolloc'h et… Plastic Bertrand), Le benevole est une comédie à savourer malgré pas mal d'imperfections inévitables."

Source : www.cinema-france.com par Christophe Hachez